Nourrissage

et

Mortalité

chez les oiseaux

 

par Dominique Crickboom

Secrétaire général de l'UFCS

 

 

   Les  centres de sauvegarde sont régulièrement sollicités pour des problèmes liés à une mortalité anormale de passereaux voire, dans certains cas, de véritables hécatombes sur certaines espèces comme les verdiers.

Si le nourrissage hivernal des oiseaux est tout à fait louable et même recommandé pour les aider à passer le cap de l’hiver, il est en revanche déconseillé de les conditionner à la recherche de nourriture trop facile et abondante proposée dans les mangeoires.  Ils doivent impérativement conserver l’instinct naturel de la recherche de nourriture (insectes, chenilles, etc..)

Le nourrissage doit se faire sous certaines conditions :

       ·         Interrompre tout apport de  nourriture dès l’arrivée du printemps afin que les postes de nourrissage ne deviennent pas un véritable piège pour nos oiseaux

       ·     Eviter tout rassemblement important susceptible de nuire à leur sécurité  (prédateurs : chats, épervier, pie, etc.) ; à leur salubrité : manque d’hygiène sur les postes de nourrissage favorisant les maladies d’origine environnementale

1°) l’élévation de la température et de  l’humidité  est un  facteur  favorable au développement de nombreuses bactéries pathogènes

2°) les graines, après tri des oiseaux, tombent au sol et sont alors consommées la nuit par les rongeurs (campagnols, mulots), porteurs de salmonelles  qui font leurs déjections et urinent sur les aliments. Les graines souillées et ingérées par les oiseaux sont extrêmement pathogènes = infection bactérienne = salmonellose

   Tout rassemblement important et principalement  de pigeons et tourterelles (promiscuité inévitable avec d’autres oiseaux)  peut favoriser la contamination par la trichomonose qui est une maladie parasitaire extrêmement contagieuse

Le printemps est la période de reproduction chez de nombreux oiseaux qui iront par facilité prendre la nourriture qui leur est proposée (boules de graisse, graines de tournesol qui contiennent à elles seules plus de 40 % d’huile), aliments beaucoup trop riches en graisse qui sont catastrophiques pour la croissance des jeunes avec une incidence sur le squelette et le plumage pouvant aller jusqu’à la mort des jeunes.

 

Recommandations pour éviter toute transmission pathologique.

 

       ·     Nourrir uniquement l’hiver lorsque les conditions climatiques sont extrêmes (neige, gelée) sans oublier un apport  en eau qui doit être proposé à heure fixe.

       ·     Maintenir les mangeoires et abreuvoirs propres en les désinfectant afin d’éviter ou d‘éradiquer toutes formes de maladies endémiques, contagieuses ou infectieuses.

       ·     Cesser immédiatement tout nourrissage lorsqu’on constate des oiseaux malades ou une mortalité anormale. Dans ce cas, désinfecter les mangeoires et détruire les graines qu’elles contiennent.

       ·     Mettre une bâche plastique sous les mangeoires pour récupérer les aliments tombés et nettoyer tous les soirs ; cela évitera les rongeurs et donc les risques de salmonellose.

 

                                                                                       21 Juin 2010 - Dominique Crickboom :  Secrétaire Général de L'UFCS

 

                      Nourrissage et botulisme