Pour tous les passionnés de faune et d’avifaune sauvage, il existe sur notre planète quelques espèces « mythiques ». Si leurs noms sont connus, on sait surtout qu’elles demeurent rares, presque introuvables, puisque cachées au plus profond de contrées difficilement accessibles. 

 

L’une d’elles, dont le profil arraché à la préhistoire contribue à entretenir cette aura de mystère et d’étrangeté, se nomme le Bec-en-sabot ou  Roi-à-tête-de-baleine. Un « Oiseau gros comme un chameau » aux dires des premiers voyageurs occidentaux sillonnant les marais du Sud Soudan ! En réalité un grand voilier de 2,50m d’envergure.

 

La quête de cette créature, classiquement associée aux gigantesques marécages à papyrus de l’Est et du Sud du continent africain, est l’occasion d’un périple entre le Centrafrique, le Botswana et la Zambie.

Dans cet ouvrage illustré – cri d’alarme pour cet écosystème et ses hôtes, et pour la nature en général - je fais état de longues expéditions en immersion totale dans un environnement rude, dépourvu de confort et loin des sentiers battus.

Guidée par les pêcheurs locaux, j’ai exploré à la manière des voyageurs d’antan, trente trois mois durant ce monde à part. 

Au fil des pages, grâce à des extraits de carnets de terrain, sont livrés des réflexions, des témoignages sur la vie quotidienne, des aventures inopinées, des observations naturalistes avec comme originalité la présence de notes à caractère scientifique qui ponctuent le récit, ainsi qu’une brève description des marécages à papyrus, des marais saisonniers et des plaines inondables qui y sont liés. 

J’y décrits mes observations rigoureuses des comportements du Bec-en-sabot, dont certains demeuraient inconnus : parade nuptiale, accouplement, éclosion. Et y relate aussi mes rencontres avec des hommes et certains animaux familiers de ces contrées où l’eau et les roseaux se fondent dans les brumes d’un ciel bas.

Cette contribution à la connaissance d’un sujet dont l’approfondissement est une réelle nouveauté, représente aussi un plaidoyer pour le maintien de la vie sauvage sur la planète et pour une meilleure relation entre les hommes et le reste du monde vivant.

 

                                                         Geneviève RENSON